Crèmes solaires : Comment se protéger au naturel ?

27 août 2020

Chaque année, ce sont 25 000 tonnes de produits solaires que l’on retrouve dans les eaux du monde entier. Soit quasiment 1 L par seconde. Environ 4 000 de ces tonnes atteignent directement les coraux et provoquent leur blanchissement prématuré. Les contenus chimiques présents dans nos crèmes solaires perturbent leur reproduction et leur cycle de croissance. Aucune crème n’est garantie « ocean friendly » (respectueuse de la faune et de la flore marines), mais on vous propose de repérer les produits nocifs et de choisir la meilleure alternative commercialisée à ce jour.

Il n’est pas question de bronzer sans se protéger ! Gare au cancer de la peau qui a triplé depuis les années 1980. Cependant, des associations comme WECF France et Agir pour l’environnement ont pointé du doigt début juillet la composition douteuse de plusieurs crèmes solaires mises sur le marché. En ligne de mire, des perturbateurs endocriniens contenus dans certains filtres chimiques. Alors comment s’y retrouver ?

Le bio, une mer d’incertitude

Créer une gamme biologique signifie faire une croix sur l’utilisation de filtres chimiques. Ce sont alors les filtres minéraux qui prennent le relais : le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc. A l’inverse des chimiques qui absorbent les UV, les minéraux les réfléchissent. C’est l’une des raisons pour laquelle ces produits laissent un dépôt blanc sur la peau ou sont difficiles à étaler. Un moindre mal si ces filtres minéraux garantissent leur innocuité. Mais là encore, scientifiques et spécialistes émettent des doutes quant à leur efficacité. Combiner deux filtres ne serait pas suffisant pour une protection complète contre les UVA et UVB. Pour les crèmes classiques, il existe 25 filtres chimiques autorisés. D’autres incitent à rester prudent car on connaît encore mal le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc et leurs effets sur la santé et sur l’environnement. La seule certitude réside dans le dosage. Si la concentration de ces filtres se fait en nano-particules, (mention obligatoire « nano » sur le produit) pour rendre la texture plus onctueuse, il y a un danger immédiat pour notre santé et pour la flore marine.

Se repérer sans perdre pied

Certaines marques ont pris en considération les enjeux écologiques qui se cachent derrière la fabrication de ces petits tubes. Elles ont cherché à trouver une crème plus « propre. »  C’est le cas de Avène qui a tout d’abord réduit ses filtres chimiques à 4 au lieu de 8 précédemment. Puis l’industriel a créé son propre label « Ocean respect » pour montrer son engagement. Mais il ne s’agit absolument pas là d’une norme ni d’une référence. Il n’existe aucun label européen encadrant ce processus. C’est pourquoi il est si difficile de faire le bon choix parmi plus de 3 500 références.

Mais certaines certifications sont si pointues que l’on peut s’y fier. C’est le cas des labels « Natrue » et « Nordic Swan Ecolabel. » Il est aussi possible de repérer les ingrédients controversés, voire, dont la nocivité a été démontrée. C’est le cas de l’octocrylène, l’oxybenzone et du salicylate d’éthylhexyle. Une équipe de chercheurs de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer pointe leurs effets toxiques sur l’environnement dans la revue Analytical Chemistry parue en 2018. Les Palaos, un archipel de 500 îles, ont déjà interdit l’octocrylène dans les écrans solaires depuis janvier dernier. Cela prendra effet en 2021 sur les plages d’Hawaï pour l’octocrylène et l’oxybenzone. Cependant, ce ne sont pas les seuls à poser problème… Voici une liste non-exhaustive des principaux composants à éviter :

  • Avobenzone
  • Benzophenone-3
  • Benzyl Salicylate
  • Butylcarbamate
  • Butyl/methoxydibenzoylmethane
  • Butylparaben
  • Camphor benzalkonium methosulfate
  • Cetyl Dimethicone
  • Cinoxate/Cinnamate
  • Dimethyl Apramide
  • Dioxybenzone
  • Ethylhexil methoxycinnamate
  • Hexyldecanol
  • Homosalate
  • Menthyl Anthranilate
  • Methlparaben
  • 4-Methylbenzylidene
  • Nano-Particles
  • Octinoxate
  • Octyl Salicylate
  • Oxybenzone
  • Padimate O / PABA
  • Phenylbenzimidazole
  • Polyethylene
  • Propylparaben
  • Sulisobenzone
  • Titanium coated in Aluminium or Dimethicone
  • Trolamine Salicyclate

Les protections solaires contenant de l’alcool, de la théine, de la caféine ou des extraits végétaux comme l’eucalyptus sont aussi à éviter car ils s’avèrent toxiques pour les invertébrés.

Infographie de BFMTV.

Adopter les bons gestes

Aucune crème n’est encore parfaite. Alors vous pouvez décider de vous lancer dans la confection d’un baume solaire maison ou bien de suivre des marques engagées qui tentent de réduire leur impact néfaste. Comme par exemple Lavera. La marque allemande est soumise au label « Natrue » dont les conditions d’attribution sont bien plus strictes qu’en France. Sa composition est irréprochable  et toute la gamme de la marque est disponible ici.

Vous pouvez aussi jouer un rôle dans la protection de l’écosystème. D’abord, en appliquant votre crème 30 minutes avant d’aller vous baigner, vous permettez ainsi aux filtres chimiques de pénétrer complètement votre peau plutôt que l’eau. Puis en privilégiant les vêtements comme un bob ou un t-shirt à la protection solaire. Enfin, vous pouvez même adopter un corail afin de repeupler petit à petit les barrières. Des petits gestes qui vous permettent de prendre soin de la nature.

N’oubliez pas de renouveler votre protection toutes les deux heures et après chaque bain, et d’éviter de vous exposer aux heures les plus chaudes de la journée, entre 12 h et 16 h. Enfin, il ne faut pas réutiliser un tube datant de l’année passée. L’action protectrice d’une crème solaire est garantie 6 mois.

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