En Occitanie, les vins IGP Sud de France ont le goût d’un territoire multiple !

29 juillet 2020

Avec 263 000 hectares de vignes, la région Occitanie représente un tiers du vignoble national mais elle est aussi le premier vignoble mondial en superficie pour les vins d’origine. Ces derniers, initialement appelés « vins de pays » sont maintenant connus sous le label IGP (Indication géographique protégée). Dans le Gard, l’Hérault et l’Aude, les vins IGP Sud de France mettent à l’honneur les charmes de leurs territoires, avec une ambitieuse campagne de promotion. 

De  « AOC » (Appellation d’origine contrôlée) à « AOP » (Appellation d’origine protégée), il n’y a qu’un pas, mais de « vin de pays » à « IGP », un fossé s’est creusé… C’est ce que constate Jean-Michel Sagnier, président de la fédération IGP 34 : « L’IGP est apparue en 2009 pour les vins, pourtant le consommateur a encore du mal à la reconnaître. Le but de cette campagne est de faire identifier ce label », appuie-t-il. En effet, depuis le 20 juillet dernier, une campagne promotionnelle baptisée « Le goût du territoire » est lancée dans trois départements : le Gard, l’Hérault et l’Aude. « Il existe un lien fort entre eux : ils ont la même démarche. C’est un groupe de territoires avec un savoir-faire vigneron, un savoir-être et de la créativité », énonce Jean-Michel Sagnier.

Ce partenariat est aussi un coup de pouce à la vente de vin. Avec un arrêt de la consommation pendant près de trois mois, Denis Verdier, président de la Fédération Gardoise des Vins IGP et président de la Section Interprofessionnelle des IGP Sud de France, soutient une relance du marché commune : « On est plus fort ensemble », scande-t-il.

Un langage méditerranéen commun,

800 caveaux vont donc participer à ces efforts communs autour de la promotion et de la vente des 19 dénominations de territoire. « La promotion de ces vins, c’est notre figure de proue. C’est vendre un art de vivre, une civilisation viticole, une culture, un art culturel et de la convivialité », souligne Claude Barral, président d’Hérault Tourisme. Puis c’est aussi mettre en avant des femmes et des hommes qui font des choses ensemble. Comme sublimer l’ensemble des territoires.

« Le vin est synonyme de vacances. La Méditerranée aussi. On pense au soleil, aux retrouvailles, on prend le temps de vivre, de faire des apéros ensemble. On peut appeler ce vin méditerranéen, le vin plaisir », évoque Denis Verdier. Le vin et notre côte sont étroitement liés donc. Région de passage, la Méditerranée permet d’ancrer des souvenirs agréables dans la tête de ses innombrables visiteurs. Pourtant, « la reconnaissance de l’IGP n’est pas pour le client de l’été mais pour le consommateur local », insiste le président de la fédération IGP 34.

Le carignan, le cinsault, le grenache ou la syrah sont des cépages traditionnels en Occitanie.

Pour plus de reconnaissance

En Occitanie, les vignerons veulent faire connaître leur vin, l’améliorer et savoir comment le faire. L’IGP est un bon compromis pour cette culture pérenne. « Ils y croient tous », assure Jean-Michel Sagnier. Ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques années. Le président des IGP de l’Hérault le premier : « On manquait de reconnaissance chez nous. J’avais honte de sortir une de mes bouteilles. »  Pourtant, les IGP Sud de France n’ont pas à rougir de leurs concurrents provençaux. Leurs blancs et rosés possèdent déjà une solide réputation. « On a le savoir-faire, mais il y a un manque de dialogue. On se cache un peu trop, c’est pourquoi on a initié cette démarche. »

La campagne de promotion se fera au travers d’affichages
mais aussi par des relais à la radio.

Et pour fêter la diversité des territoires viticoles

En parlant de reconnaissance, il y a aussi celle faîte aux territoires. Et quel meilleur ambassadeur qu’un bon vin ? Le président de la Fédération Gardoise des Vins IGP n’en démord pas : « Les efforts faits méritent d’être dégustés. » D’un côté, ces produits rendent hommage à un terroir particulier, issu des lieux et des expositions donnés au cépage. « Chaque IGP se reconnaît distinctement. Ces vins n’ont pas le même terroir ni le même paysage, ils sont très différenciés », approuve Jean-Michel Sagnier. En résulte un vin qualitatif au goût unique selon les différentes dénominations : 2 dans le Gard, 7 dans l’Hérault et 7 dans l’Aude. Et ce n’est pas un hasard, si dans cette démarche, on donne des noms de territoire à ces produits.

« On a quelque chose à dire, le vin ce n’est pas uniquement un produit alimentaire, il suscite le bien-être dont on apprécie les nuances. On le met en valeur pour offrir au consommateur un produit et une histoire », lance Denis Verdier. Comme celle de nos sites représentés par l’UNESCO : le Pont du Gard (IGP Coteaux Pont du Gard), la cité de Carcassonne (IGP Cité de Carcassonne) et Saint-Guilhem-le-Désert (IGP Saint-Guilhem-le-Désert). Ou la richesse de nos espaces naturels, tels que les Cévennes (IGP Cévennes), l’étang de Thau (IGP Côtes de Thau), la Haute Vallée de l’Aude (IGP Haute Vallée de l’Aude), la Haute Vallée de l’Orb (IGP Haute Vallée de l’Orb), la Vallée du Paradis (IGP Vallée du Paradis) ou encore la Vallée du Torgan (IGP Torgan).

Des territoires viticoles (a)typiques autour de la Méditerranée qui font vivre 100 000 employés et représentent 1,3 milliards d’euros de chiffres d’affaires (en 2017). Un secteur ancré, qui cherche à se réinventer, selon le président des IGP de l’Hérault : « A terme, on va faire disparaitre la viticulture. Le prix des terres a augmenté, il est difficile pour les jeunes de s’installer. Il y a une réflexion en profondeur à mener. »

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